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Cap'tain Titanic
Inspiré et en partie copié d'un chapitre d'un livre que je n'ai pas encore publié.
La Banque centrale européenne est dirigée par un gouverneur qui est indépendant du moins sur papier. Ce poste est disputé et se joue par piston. Les raisons du choix sont à chaque fois obscures.
Le gouverneur est redevable de son poste à ceux qui le lui ont offert. Le gouverneur n'est pas indépendant et on ignore quel sont ceux qui dirigent réellement la BCE.
j'ignore à quelle strate de non-élu se trouve le gouverneur de la BCE. Qui a élu ceux qui l'ont élu?
Ce club, très fermé, voit les charmantes chamailleries des non-élus pour les postes à pourvoir dans l'organisation européenne.
Avant d'aller plus loin, je dois bien avouer que je suis contre la ligne choisie par le gouverneur, la suite de gouverneurs de la BCE. Vous l'aurez sans doute deviné.
Les gouverneurs changent, mais pas la politique de la BCE. Comme un navire majestueux, elle fend les flots. On peut remarquer une première chose : la BCE est entravée, elle ne choisit pas le taux d'inflation maximum imposé aux membres de la communauté européenne. Ce taux est fixe, rigide, il a été décrété par loi, par une loi européenne. Cette situation est absurde. La BCE ne peut agir que sur le taux directeur, encore que dans des limites très étroites, et la masse monétaire. Sa politique serait plus fine si elle décidait du taux plafond de l'inflation et d'un taux plancher. Les taux d'inflation des pays européens sont trop dispersés.
Un taux plancher permettrait de réduire cette dispersion. Aujourd'hui, la marge de jeux laissée au gouverneur est ridicule. Il doit tenir compte des pays qui ont déjà un taux élevé d'inflation, proche ou supérieur au maximum fatidique de 3,9 %.
L´Europe se crée une banque centrale et l'estropie.
La raison en est que dans les années septante, les états européens pensaient rembourser leurs dettes en jouant avec l'inflation, ils espéraient rembourser leurs créanciers avec du vent, de la monnaie de singe. Elle facilitait la gestion sociale des travailleurs. Leurs salaires pouvaient être augmentés régulièrement et ils étaient contents.
Un pays comme la Belgique s'est endetté au-delà du raisonnable, jusqu'à la cavalerie. Elle est au bord du précipice à la merci d'une hausse des taux d'intérêt. Pour l'instant le PIB augmente plus vite que la dette et le ratio dette/PIB diminue. Ce qui ne veut pas dire que la dette diminue comme le font croire au public les gouvernements belges successifs. Ils s'arrogent également le mérite qui en fait revient aux travailleurs belges. Le PIB augmente parce que les Belges travaillent enfin quelques Belges travaillent et travaillent bien.
Depuis cette lourde erreur de gestion, les gouvernements européens craignent l'inflation comme la peste. L'inflation n'est pas une maladie, elle est un lubrifiant de l'économie : il n'en faut ni trop ni trop peu, cette quantité varie avec les circonstances économiques.
Trente pays, trente économies différentes doivent cohabiter et converger.
D'autre part, nous sommes dans une période de forte augmentation du prix des matières premières.
Nous ne sommes plus seuls sur terre, il faut en tenir compte.
Le système actuel coince le taux d'inflation entre 0% et 3, 9 %. Le taux 0% n'est pas vraiment choisi, il apparaît comme une limite naturelle, psychologique. Il faut choisir le taux d'inflation maximum, mais également le taux d'inflation minimum et cette mission est clairement une mission qui doit être dévolue à la BCE.
La BCE a choisi la fuite en avant. Un euro fort nous protège momentanément de la réalité économique au prix de la destruction de nos parts de marché hors Europe et en Europe.
Un iceberg sournois nous attend quelque part.
La BCE n'a même pas découplé l'euro du dollar. L'euro n'a plus besoin du soutien d'une réserve en dollar. Monnaie par ailleurs sur le déclin. Il est certain que la BCE doit avoir un fond de roulement en dollar en regard des transactions effectuées dans cette monnaie tout comme pour les autres monnaies importantes. Évidemment, liquider cette réserve implique de réaliser les pertes. Pertes qu'il faudra de toute façon réaliser un jour ou l'autre, mais faut-il vraiment attendre que le dollar devienne du papier à tapisser ?
Cette vente pourrait faire baisser l'euro ou avoir l'effet contraire tout dépend des spéculateurs et de leurs vues du futur. A priori, l'euro devrait baisser, mais le dollar perdant un soutien moral baisserait à son tour. Il ne faut plus regarder les choses dans le contexte du dollar, mais dans le contexte mondial. Le dollar a toujours été une monnaie élastique, indépendante du reste du monde et de la réalité non américaine.
Il faut couper ce lien pour que l'euro, le cours de l'euro représente vraiment l'euro et non pas des réserves en dollar. C'est également un mouvement nécessaire pour annoncer la couleur, indiquer la ferme volonté de l'Europe de refuser les petits jeux monétaires des USA, du Japon et de la Chine.
L´Europe doit contrer les manipulations monétaires de ces trois pays qui par ce moyen favorisent le développement de leur industrie, de leur économie au détriment de la notre.
À qui profite le crime ? Aux États-Unis, au Japon et à la Chine ! L'Inde utilise d'autres techniques.
Les États-Unis n'hésitent pas à faire baisser le dollar pour lutter contre les politiques monétaires de la Chine et du Japon et contre l'économie européenne. On parle souvent du cycle américain endettement-remboursement. Ils s'endettent avec de bons dollars et remboursent avec du dollar de singe. Une sorte de pompe qui permet de pomper l'argent des autres pays.
L'économie européenne est devenue la première économie du monde. Elle fait de l'ombre aux États-Unis qui eux glissent inexorablement vers la cinquième place. Les Américains ne veulent pas l'admettre. Les Européens ne veulent pas non plus admettre leur nouvelle place. Dans les statistiques on ne parle pas de l'Europe, mais de chacun des pays. Dans le style :”La chine produit plus de ... que l'Allemagne.”. Ce qui est vrai, mais n'indique pas la position de l'Europe dans les quatre premières économies du monde. Comparer un pays de quatre-vingts millions d'habitants avec un pays de mille quatre cents millions d'habitants est un non-sens.
La BCE a décidé de suivre une politique irrationnelle. Elle refuse de tirer les conséquences du fait que les matières premières augmentent de prix. Le taux d'inflation devrait ( aurait du ) répercuter la hausse de ces prix. L'inflation est bloquée à un niveau arbitraire de 3, 9%. La réaction directe est la hausse de la monnaie, mais l'effet n'est pas le même. Dans une économie saine si le minerai de fer augmente, seul ce qui est fait en fer augmente de prix.
Ce qui est en plastique, aluminium n'augmente pas. En bloquant ou simplement freinant l'inflation, ce sont tous les prix qui augmentent par l'intermédiaire de l'euro. Ce qui défavorise l'exportation et favorise l'importation de tous les produits de façon non discriminée.
Par rapport au dollar, l'euro a depuis sa création, doublé de valeur. Pour un euro à 1,6 dollar, le prix du pétrole est à 60 centimes le litre. Pour un euro à 0,8 dollar, le prix du pétrole est à 1,2 euro le litre.
Ce qui donnerait le litre d'essence à deux euros. On peut dire qu'il s'agit d'une politique démagogique.
Si le gouverneur de la banque central est censé être indépendant, c'est bien pour éviter ce type de résultat. Les États européens sont coincés dans leur impéritie et de leur côté les citoyens s'accrochent à leurs avantages, ils exigent même des augmentations et d'autres avantages.
L´Europe ne semble pas avoir de politique quant à la problématique du pétrole.
Les pays européens n'ont pas prévu qu'un jour ou l'autre ils seraient obligés de lâcher le pactole des taxes fixes sur les carburants automobiles. En inconséquence, ils n'ont pas fait les économies nécessaires pour faire face à ce problème et surtout pour gérer au mieux la situation.
L´Europe n'a pas les moyens de financer le développement des infrastructures des ex-pays de l'Est.
L'euro devrait diminuer de valeur quitte à employer des moyens peu recommandables comme la planche à billets. L'Europe devrait lancer un grand programme de développement des infrastructures en Europe de l'Est : autoroutes, centrales nucléaires, éoliennes, etc.
Ainsi la BCE en imprimant des billets pour financer de tels projets, pourrait définir, choisir la meilleure place pour l'euro, la place la plus adéquate.
Si on ne fait rien, le réveil sera plus brutal.
De toute façon quand l'euro sera rappelé à la réalité, le carburant va augmenter doublement.
Il va augmenter de l'augmentation cachée dans l'euro et de l'augmentation du jour.
De plus, tous les produits et services qui consomment du pétrole vont augmenter, rattraper leur retard. Un sale moment à passer pour tout le monde que seule une bonne inflation, bien calibrée, pourra adoucir.
Philippe Odaert