Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 11:04
 

Le deux Juin 2008

 

L'avenir des taxes fixes sur le carburant

 

 

En France comme dans les autres pays européens il y a une taxe fixe, irrécupérable, sur les carburants en plus de la TVA et éventuellement des taxes locales. En France elle est appelée : TIPP

Dans certains pays la TVA sur les carburants n'est pas non plus récupérable et s'ajoute ainsi à cette taxe fixe même pour les professionnels.

Cette taxe est une bonne taxe car il est difficile d'y échapper. Elle a également toujours incité à la modération de la consommation. Le parc automobile consomme relativement peu et les nouveaux modèles automobiles offrent un grand différentiel de consommation par rapport à des véhicules à peine plus ancien. Le baril de pétrole ( 159 litres) à 111 dollars donne le litre de pétrole à 50 cents d'euro quand l'euro vaut 1,5 fois le dollar ( à 159$ 66 c. à 200$ 88 c.). Le prix du pétrole n'est pas le prix de l'essence auquel il faut ajouter le prix du transport, de la distribution et des taxes. Les États européens gagnent plus que les scheik arabes par litre de pétrole, pour l'instant. Certains membres de l'Opep estiment que cette situation est injuste et que cette part leur revient. Ils ne vont pas tarder à arriver à leurs fins. Cette taxe a toujours fait pression sur les prix du pétrole en limitant la consommation de carburant. Aujourd'hui, avec l'essor des nouvelles économies, la consommation européenne n'a plus autant d'importance et toute diminution de sa consommation sera effacée par l'augmentation de la consommation des pays émergeant. Les Américains n'ont jamais compris l'intérêt de cette taxe, le résultat est que leur véhicules sont de gros consommateurs de carburant. Les États européens sont pris en tenaille entre l'Opep et leur propres citoyens qui espèrent que cette taxe servira d'amortisseur, d'adoucisseur à l'amère et inéluctable montée des prix des carburants.

A moins qu'il s'agisse d'un secret d'État, les États européens n'ont aucun plan pour se passer de cette taxe. Que ce soit de nouvelles taxes ou des économies.

Le citoyen lui n'a que trois options. Revoir l'usage qu'il fait de sa voiture; acheter une nouvelle voiture qui consommerait moitié moins que la vielle; faire pression sur le gouvernement. Ces options sont cumulables.

 

Les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs quant à eux ont raison de se plaindre des blocages des tarifs, des prix de vente. Les acheteurs professionnels sont irresponsables mais les agriculteurs, transporteurs et pêcheurs doivent quand même savoir que le prix du pétrole va encore monter. Ils doivent remplacer leur moteurs par des moteurs moins gourmands, moins puissant. Réduire la taille des camions n'a pas de sens mais celle des bateaux et des engins agricoles, oui. Croire que l'État peut tout résoudre est une utopie mal saine.

Il y a quelques années, les camionneurs belges ont manifesté pour les mêmes raisons. Des contrats léonins dans les quels les clients coincent les transporteurs. Un jeux idiot qui a mené la Belgique au bord de l'état d'urgence. Le représentant des camionneurs a été menacé au point qu'il a paniqué et a cédé.

Depuis la loi belge réglemente ce type de contrat et la partie carburant du contrat est indexée sur le prix des carburants.

On n'aurait pu croire que les autres pays européens en auraient pris bonne note mais apparemment, il n'en n'est rien, en tout cas en ce qui concerne la France.

 

Les États n'ont rien prévu pour remplacer l'importante source de revenu qu'est la taxe fixe sur les carburants. Pour le bien de l'économie européenne, l'euro devrait baisser et on devrait enfin accepter l'inflation cachée dans l'euro. Il est évident que si l'euro redescend au niveau de l'euro des premiers jours, le prix du pétrole va doubler en Euro. Soit environ 50 à 70 c. en plus à la pompe.

 

Les États n'ont qu'une échappatoire. Jouer sur la taxe fixe. Jouer sur les biocarburants ne semble plus possible. Les biocarburants font augmenter les prix des produits agricoles dont celui des céréales. En Europe, les biocarburants sont devenus immoraux. Il faudrait savoir ce qu'on veut. Quand l'Europe vend des céréales subsidiées c'est mal, elle devrait cultiver moins. Quand elle cultive moins en instaurant des jachères, c'est mal. Quand elle emploie des surfaces cultivables dont ces fameuses jachères pour cultiver des plantes pour faire du biocarburant, c'est mal. Quoi qu'elle fasse l'Europe est responsable des famines d'aujourd'hui et de demain. Il est à noter que la culture biologique est donc également immorale étant donné qu'elle est moins performante. A partir de quel prix du pétrole n'aurons nous plus de problèmes de conscience ? Quand les Indiens cultivent une variété de sorgho résistant à la sècheresse, donnant des graines alimentaires et permettant de faire du biocarburant avec la hampe ( les résidus servent d'aliment pour le bétail ), tout le monde approuve. Devra-t'on cultiver ce type de sorgho pour faire sereinement notre biocarburant ?

 

Le vrai problème est que le biocarburant augmente les prix des céréales mais de l'autre côté diminue les risques de guerre entre grandes puissances. Il faut choisir entre la famine et les guerre civiles pour les pauvres et les guerres entre les grandes puissances.

 

Les prix des céréales montent et l'Europe parle de diminuer les surfaces cultivées.

L'Europe doit se contenter de diminuer les aides à l'exportation ensuite toutes les aides au fur et à mesure de la montée des prix.

 

Si on se base sur le prix des carburants, le pétrole pourrait atteindre deux à trois fois le prix actuel sans déranger plus l'automobiliste à condition que l'État diminue progressivement les taxes fixes (TIPP). En fait pour le consommateur le vrai problème sera le chauffage.

Si vous êtes très écologiste vous aurez déjà isolé votre maison. Vous aurez également diminué votre sensibilité au froid et mis un pull. Troisièmement, vous pouvez vous procurer un cochon-poubelle. Il détruit les déchets alimentaires et chauffe. De plus ses déjections solides, tout comme les vôtres, peuvent alimenter la chaudière écologique, Le cochon-poubelle existe en différentes tailles et peut remplacer avantageusement le chien aussi bien que le chat, le lapin, la mygale...

De plus au printemps vous pouvez le manger et le remplacer. Les vraies solutions sont couteuses et partielles, la vraie solution est ruineuse : une maison écologique.

Ne comptez pas trop sur les politiciens pour solutionner les problèmes, surtout les vôtres, organisez-vous.

 

Mais revenons à la sensibilité au prix du pétrole. Les professionnels on des difficultés pour répercuter le prix du carburant dans leur prix de revient. Ces difficultés devraient être résolues sans trop de difficultés. Dans un système fonctionnant normalement, les professionnels ne devraient pas être touchés directement. En ce qui concerne l'usage privé de la voiture, au contraire, le consommateur est touché directement mais les consommateurs sont dans des catégories différentes. Le fumeur peut arrêter de fumer mais pas de se rendre au travail. De nombreuses personnes peuvent prendre le train , le bus, le métro. L'usage de la voiture est très élastique pour la plupart, les autres devront s'adapter en changeant de travail pour réduire leur consommation.

Le prix du pétrole peut monter tranquillement et les états s'accrocher à leur taxes.

Philippe Odaert

Par Odaert - Publié dans : Economie
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