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Le 8 mai 2008
Mettre fin à l'achat anonyme
De nombreux politiciens en rêvent depuis longtemps, en particulier les ministres des Finances.
Cependant, ils n'osent aborder le sujet. Ils laissent faire le temps.
Aujourd'hui, vous pouvez payer vos achats anonymement, il suffit de payer en liquide. Vous pouvez ainsi blanchir de petits montants d'argent venant du travail en noir, de la fraude fiscale, trafique de drogue, vols et toutes les autres activités illégales. Ce type de blanchiment est gratuit, mais n'est possible que pour des sommes limitées à un train de vie normal. Si l'on supprime cette possibilité, l'argent de toutes ces pratiques malhonnêtes sera beaucoup plus difficile à écouler, à dépenser.
Il faut à cet effet, enregistrer votre identité lors de tout achat. Ce qui se fait automatiquement pour les payements électroniques ou par chèque. Pour les payements en liquide, la carte d'identité, le passeport ou une carte fiscale ferait l'affaire. Pour les petites sommes et les automates, le porte-monnaie électronique, ce mal aimé, pourrait enfin prouver son utilité.
Évidemment, ces données devraient être envoyées sur les ordinateurs du fisc, mais uniquement le total.
Cette centralisation permettrait au fisc de comparer vos dépenses et revenus. Si vous dépensez plus que vous ne gagnez, vous avez des activités rémunératrices que vous ne déclarez pas. Par contre si vous dépensez moins que vous ne gagnez et n'avez pas fait d'économie, vous profitez d'activités non déclarées en tant que client. Ce double système de contrôle n'est pas hermétique, mais diminuerait fortement ces activités soit qu'on les déclare soit qu'on en arrête la pratique.
Le travail en noir serait déjà rendu obsolète par la taxe sociale ajoutée et le contrôle des dépenses l'achèverait.
Impôt forfaitaire ?
Les personnes qui ne peuvent échapper à l'impôt doivent bien comprendre que ce système rééquilibre la collecte fiscale et est donc à leur avantage.
Le vrai problème est le bouleversement économique que provoquerait un tel changement.
L'économie souterraine est une partie non négligeable de l'économie. Une partie de cette économie referait simplement surface, mais une partie disparaîtrait purement et simplement. Ces deux types de modifications changeraient des flux d'argent, des flux économiques entraînant une baisse des chiffres d'affaires et même des faillites.
D'autre part, l'État et les pouvoirs locaux recevant plus d'impôts seraient tentés de boucher les trous de leur budget et de gaspiller le surplus. Les sommes ainsi dégagées devraient impérativement retourner au circuit économique par le biais de réductions d'impôts. Pour les taxateurs, ce serait une opération blanche du moins au premier tour.
Un rééquilibre de la perception fiscale diminuerait la distorsion économique provoquée par les fraudes fiscales. Notre système est soi-disant basé sur la concurrence entre les entreprises, une saine concurrence entre les qualités respectives des entreprises. Dans la réalité, la concurrence se fait au niveau de la fraude fiscale et sociale. Que le meilleur fraudeur gagne. L'effort des firmes se porte sur les moyens légaux de diminuer les impôts, mais aussi sur les moyens illégaux pour y parvenir.
Beaucoup de firmes finissent par perdre de vue leur produit. Il y a une hypertrophie du marketing, de l'étude des moyens légaux, de la caisse noire et des actions illégales. Finalement, le système sélectionne les mauvaises firmes et élimine les bonnes.
Il est certain que ce système ne va pas éradiquer le travail en noir, ni l'esclavagisme, ni la fraude fiscale, ni le vol ni les trafiques de drogue et les autres délits rémunérateurs, mais ce serait un obstacle supplémentaire, un coût de plus, une série de difficultés décourageantes pour les délinquants.
L'économie souterraine étant par définition mal connue, il est impossible d'estimer l'impact de la mesure. On ignore même l'interaction entre les différentes délinquances et leur interaction avec l'économie déclarée. On sait des tas de choses comme le fait que des drogués volent pour payer leur drogue, mais ces informations sont parcellaires. Je n'ai jamais entendu parler d'économistes tentant de faire un modèle mathématique de toutes les délinquances et de leurs interactions, même au petit bonheur la chance. Pourtant, une connaissance même approximative de ces flux devrait permettre de mieux connaître les points stratégiques du système. Cette connaissance devrait permettre de frapper plus efficacement le système de délinquance et de mieux élaborer les lois destinées à la lutte contre celle-ci.
Il est évident que mettre fin au payement anonyme est d'autant plus efficace qu'il est adopté par un plus grand nombre de pays, mais il faut bien qu'un pays commence...Et il vaut mieux ne pas être le dernier.
En effet si un pays commence, les autres seront obligés d'adopter le système.
Les immigrés illégaux, les sans-papiers faisant partie de l'économie souterraine seront touchés de plein fouet. Ils seront contraints de trouver un autre pays pour exercer leurs activités, pour gagner leur vie et pouvoir dépenser leur argent. C'est dramatique pour les immigrés illégaux, mais l'hypocrisie actuelle est-elle une bonne solution ? La position de ceux qui ne veulent pas de nouveaux immigrés est claire, mais la position de ceux qui ne veulent pas d'expulsion est hypocrite.
On ne peut pas laisser les gens sans papier dans une telle situation. Ou bien on les expulse ou bien on les régularise. Si on les régularise à quel nombre s'arrête-t'on ? Cent mille, un million, dix millions, cent millions ? Tout le monde prédit une explosion de l'immigration. Les pays européens qui n'ont pas de politique claire ni des moyens efficaces pour appliquer leur politique vont être submergés par la vague d'immigration qui s'annonce. Ce qui s'appelle une invasion.
Avant d'organiser la fin de l'achat anonyme, il faut décider la politique que l'on va suivre et fermement l'appliquer.
Ce n'est pas la seule pierre d'achoppement de ce système.
Avec un tel système le fisc serait au courant des magasins que nous fréquentons, de nos déplacements par les tickets de transport, les hôtels, restaurants, cafés. Des renseignements bien tentants pour la police, pour certaines polices. Ceci est à relativiser, car on peut déjà vous suivre
à la trace grâce à votre mobile, et ce, au mètre près. Certaines polices utilisent déjà ce moyen. La permission d'un juge n'est pas nécessaire. Ils font sonner votre GSM éventuellement à partir d'un numéro non attribué et obtiennent aussi tôt votre position. Ce qui est encore primitif comme méthode. À Séville, une équipe d'informaticiens a mis au point un programme de contrôle du trafic automobile grâce à la localisation par GSM. Les fournisseurs de services GSM envoient à cette équipe toutes les données de localisation en temps réel. Cette localisation est très précise et permet de surveiller le trafic de tous les véhicules et même des piétons qui ont leur GSM allumé. Cette équipe ne s'intéresse pas aux personnes, mais au trafic, mais en utilisant ces données on pourrait vous surveiller de prés. Avec un tel programme, on pourra donc voir si vous parlez à quelqu'un et savoir à qui vous parlez. Dans un restaurant, un café on pourra ( on peut ? ) quasiment voir avec qui vous buvez un verre ou mangez et je ne vous parle pas de l'hôtel. Si en plus vous aviez les renseignements du système fiscal, vous contrôleriez la population de très près. Non seulement vous contrôleriez la population mais vos ordinateurs pourraient vous suggérer des scénarios quant aux relations entre les gens en utilisant toutes ces données dans la durée. Adieu Expert Miami ou Manhattan. On connaîtra l'assassin avant l'assassin.
L'État et les organisations parastatales ne sont pas fiables. En Belgique, le système de santé ( le voleur ) a déjà volé toutes les données médicales qu'il héberge, mais qui appartiennent respectivement à chacun des Belges, pour les passer à l'institut de statistique ( le receleur ) pour lui permettre de recouper les données obtenues par le questionnaire du recensement adapté pour l'occasion au croisement de données. Personne n'a bougé, les politiciens, nos députés se sont lâchement tus, la plupart des journalistes.
Tous ces systèmes sont périlleux pour notre liberté, mais nous ne les arrêterons pas. Nous ne sommes pas assez motivés, nous ne sommes pas organisés. En face de nous , il n'y a pas que les polices, l'armée, Gladio ou son équivalent. Il y a les politiciens, les lobbys, les sectes de tout bord. Il est inutile de vouloir lutter contre ces organisations sur leur terrain. Les citoyens doivent se battre là où ils ont l'avantage. Les politiciens, les députés ne sauront pas résister aux demandes pressantes des services d'ordre. Les polices et les autres organisations les auront à l'usure.
La force des citoyens est leur conviction. Quand tous les citoyens sont animés par une même conviction, il est difficile de leur refuser ce qu'ils veulent.
Personne ne parviendra à empêcher l'utilisation des nouvelles possibilités qu'offrent les nouvelles techniques. Donc plus tôt que de lutter contre ce phénomène, il vaut mieux faire des concessions sur ces points et exiger en contrepartie une meilleure protection contre les abus éventuels.
Par exemple, on pourrait demander, exiger une véritable séparation entre justice et pouvoir.
Une véritable séparation implique une chambre de justice dont les députés sont élus au suffrage universel. Les candidats ne pourraient être des politiciens ni même membres d'un parti, ni des sectaires encore moins des francs-maçons qui en fait sont des sectaires. Il n'est pas admissible que des juges, des procureurs et même des avocats soient francs-maçons. À quoi peut bien ressembler un jugement quand le juge, le procureur et une des parties sont francs-maçons et qu'en plus l'avocat de l'autre partie est également franc-maçon ? Les franc-maçons moquent la justice.
Donc pas de francs-maçons, ni de politiciens ni d'autres sectaires dans le système judiciaire.
On pourrait aussi en profiter pour déshabiller ce petit monde de ses robes et les remplacer par des costumes de clown pour ne pas trop les changer.
Les relations avec l'exécutif se feraient à travers des ambassadeurs comme entre deux pays.
Le, les procureurs font partie de l'exécutif, mais il faut un contre-pouvoir du côté judiciaire.
Si les Européens réalisent un tel changement, nous aurons fait le premier pas pour le retour à une véritable démocratie. Quand seulement soixante pour cent des électeurs votent, l'élu ne doit avoir que trente pour cent des voix. Le score d'Hitler avant son coup d'État. À un tel niveau de participation, notre pseudo démocratie n'est pas loin de la vraie dictature.
Derrière la protection d'une justice vraiment indépendante du pouvoir politique et des pouvoirs obscurs qui de plus en plus dirigent le gouvernement et le parlement en sous-main, nous pourrions plus facilement faire face aux risques que font planer les nouvelles technologies et les anciennes.
Philippe Odaert.